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L'atelier de Beevy :  Quelques textes de mes ateliers

Mon jardin, c’est ce lieu disparu.

Mon jardin, c’est ce lieu où mes paupières sont closes, c’est ce lieu que je connais par cœur.

Mon jardin, c’est ce scarabée qui me dit de plonger mes mains bien au fond du terreau.

Mon jardin, c’est facile à imaginer, c’est un simple rectangle, entouré par des murs couleur béton et du grillage à pigeonnier.

Mon jardin, c’est ce lieu calme à part quand le voisin passe pour déposer le journal à travers le grillage ou quand les cigales vous escagassent jusqu’à la nuit.

Mon jardin, c’est une grenade qui éclate d’avoir trop attendu.

Mon jardin, c’est cet hibiscus fier d’avoir gagné le concours de la ville l’an dernier.

Mon jardin, c’est ce lieu où tu bois un café froid assisse sur une chaise en plastique blanc.

Mon jardin, c’est ce lieu où tu te cacherais derrière le laurier rose, tu t’accroupirais, remonterais ta jupe, baisserais ta culotte et te rincerais avec le tuyau jaune quand tu aurais fini de pisser.

Mon jardin, vous voyez, c’est pas grand chose et pourtant je ne l’aurai plus jamais. 


Charlène Rigaud


Dans mon jardin, je suis allongée.

Endormie sur ma couverture et affalée dans mes coussins.

Sereine et bercée des rayons d’un soleil d’août.

Je touche du bout de mes doigts l’herbe chaude.

Et du coin de l’œil, je vois les pavots rouges se balancer doucement.

Virevoltent autour, de gros bourdons bien poilus.

Je me prélasse au soleil et je sens sa lourdeur qui caresse ma peau nue,

Tout mon corps qui bouillonne.

Mes cheveux qui me brûlent, mes bouclent qui glissent dans mon cou,

Leur odeur révélée par la chaleur d’une boule de feu que je ne peux regarder.

Ma peau effleurée par une douce brise qui amène le chant des grillons qui se gargarisent comme moi.

Dans mon jardin, je suis.

Et dans mon jardin m’apparaît ce trésor : le souvenir d’un temps lointain, celui d’une maison bien aimée, habitée par des fées.

Cette maison c’est le jardin de mes secrets, le lieu de ma joie.

On y passait des moments heureux et colorées, juteux comme une figue de septembre. 


Marjolaine P.  



Mon jardin, c’est un coin sauvage dont on ne voit pas le bout, un espace inconnu caché entre la forêt majestueuse et fraîche et d’infinies prairies d’herbes hautes et de blé mûr.

Mon jardin sent bon le soleil, l’herbe fraîchement fauchée et la saveur des fruits que l’on se réjouit de croquer à pleines dents en souriant du bonheur procuré par ce plaisir simple.

Mon jardin c’est un moment de partage, famille, amis, il en a vu passer des soirées à la bougie, de grandes tablées et de rudes parties de badminton.

Mon jardin bourdonne d’insectes en tout genre, de coccinelles légères et de bourdons bruyants, qui vont de coquelicots en bourraches, distribuer le pollen, précieux sésame jaune qu’ils baladent sur leurs pattes.

Mon jardin c’est un cocon enveloppant, lorsque couchée sur une couverture approximativement confortable, balayée par l’ombre partiellement apportée des branches de prunier, je suis bercée par le bruit du vent dans les feuilles, et chant des oiseaux.

Dans mon jardin, s’émerveillent les enfants qui, aux mains de leur grand-père, par de chaudes nuits d’été, découvrent au cours de ces sorties secrètes, ces petits insectes magiques qui luisent, telles de petites lanternes, d’un vert irréel.


Johanna


Les Haïkus


Assise sur une chaise en plastique

Tu bois un café froid

Derrière le laurier rose 


Charlène  Rigaud


Cocon enveloppant

Odeur d’herbe fraîchement fauchée.

Bananes trop mûres déposées sous les rosiers 


Johanna


Un hibiscus fier

Une grenade éclate

Dans un jardin de pas grand chose 


Charlène  Rigaud


Courbes jaunies

Après-midi d’abricots

Un hamac de sérénité


Beevy Jalma